{"id":11059,"date":"2016-11-28T14:47:35","date_gmt":"2016-11-28T14:47:35","guid":{"rendered":"https:\/\/africaresearchinstitute.org\/wordpress\/?p=11059"},"modified":"2022-02-27T12:11:35","modified_gmt":"2022-02-27T12:11:35","slug":"le-burkina-post-transition-quel-bilan-pour-la-premiere-annee-du-gouvernement-kabore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africaresearchinstitute.org\/wordpress\/le-burkina-post-transition-quel-bilan-pour-la-premiere-annee-du-gouvernement-kabore\/","title":{"rendered":"Le Burkina post-transition: quel bilan pour la premi\u00e8re ann\u00e9e du gouvernement Kabor\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<p><strong><em><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">After 27 years in power, Blaise Compaor\u00e9 was forced to resign on October 31, 2014 following a popular insurrection. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">A transitional government is put in place to manage the country for one year. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">At the end of this transition, a new power led by Roch Marc Christian Kabor\u00e9 of the MPP was elected on November 29, 2015. Faced with the many expectations of the Burkinab\u00e8, the president-elect launched several projects. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">What to remember in terms of results after a year of presidency Kabor\u00e9? \u00a0<\/span><\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">This article attempts to provide answers focusing on the configuration of the political class, the site of social injustice and impunity and the state of citizen counterpowers. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">It shows that the political system, although slightly recomposed, remains nonetheless marked by a strong continuity with the pre-insurrectional order.<\/span><\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">Analysis of the configuration of the political class indicates the existence of strong continuity despite a slight recomposition. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">We can identify three elements of recomposition affecting the political class. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">First is the accession to power of a new party, the People&#8217;s Movement for Progress (MPP). <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">From a symbolic point of view, this constitutes a major change which consecrates the end of the reign of the Congress for Democracy and Progress (CDP), in power for 27 years. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">The ruling coalition under Blaise Compaor\u00e9 is thus found in the opposition, while the main opposition force is in the ruling coalition.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">The recomposition is then appreciated by the emergence of new parties on the political scene. <\/span><span style=\"vertical-align: inherit;\">This is particularly the case for the New Alliance of Faso (NAFA) of General Djibril Bassol\u00e9 and the Union for a New Burkina (UBN) of Colonel Yacouba Ou\u00e9draogo, both former ministers. <\/span><\/span><a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\">[1]<\/span><\/span><\/a><span style=\"vertical-align: inherit;\"><span style=\"vertical-align: inherit;\"> The birth of these parties stems from the will of these leaders of the former ruling coalition to pursue their political careers outside the CDP, while remaining in alliance with it.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Enfin, de par la configuration de l\u2019opposition, on peut observer une alliance objective entre des forces politiques oppos\u00e9es sous l\u2019ancien r\u00e9gime. En effet, l\u2019Union pour le progr\u00e8s et le changement (UPC) qui \u00e9tait l\u2019une des principales forces d\u2019opposition cohabite au sein de l\u2019institution du Chef de file de l\u2019opposition (CFOP) avec les partis membres de l\u2019ancienne coalition dirigeante, dont notamment le CDP et l\u2019Alliance pour la d\u00e9mocratie et la f\u00e9d\u00e9ration\/Rassemblement d\u00e9mocratique africain (ADF\/RDA). Apr\u00e8s les tensions qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la chute du r\u00e9gime Compaor\u00e9, l\u2019opposition apparait comme une coalition h\u00e9t\u00e9roclite et faiblement soud\u00e9e.<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a> Toutefois, ces partis d\u2019opposition r\u00e9unis au sein du CFOP coop\u00e8rent pour faire contrepoids au MPP, au parlement ainsi que dans d\u2019autres instances politiques telles que la Commission constitutionnelle install\u00e9e en fin septembre.<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>Ces dynamiques de recomposition n\u2019occultent pas l\u2019existence d\u2019\u00e9l\u00e9ments de continuit\u00e9. En effet, du point de vue du personnel politique, l\u2019av\u00e8nement du MPP au pouvoir n\u2019a pas renouvel\u00e9 l\u2019\u00e9lite dirigeante puisque les nouveaux dirigeants \u00e9taient membres de l\u2019ancienne coalition au pouvoir. En plus, le syst\u00e8me de partis reste marqu\u00e9 par la pr\u00e9sence d\u2019un parti dominant. Du point de vue id\u00e9ologique, le nouveau parti au pouvoir est social-d\u00e9mocrate, tout comme le CDP. Au niveau des relations entre l\u2019opposition et la majorit\u00e9, la bipolarisation qui caract\u00e9risait le syst\u00e8me politique burkinab\u00e8 est rest\u00e9e intacte, car, tout en \u00e9tant diverse, l\u2019opposition demeure une coalition face au pouvoir en place.<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a><\/p>\n<p>Le MPP, le parti au pouvoir, est dirig\u00e9 par d\u2019anciens dirigeants qui n\u2019ont rejoint l\u2019opposition qu\u2019en janvier 2014. En effet,\u00a0les trois principaux fondateurs du MPP, Roch Kabor\u00e9, Salif Diallo et Simon Compaor\u00e9 \u00e9taient des membres influents du CDP.<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a> Leur d\u00e9part du CDP a r\u00e9sult\u00e9 d\u2019un d\u00e9saccord avec Blaise Compaor\u00e9, notamment sur son projet de se maintenir au pouvoir au-del\u00e0 de 2015 et de favoriser le clan de son fr\u00e8re cadet, Fran\u00e7ois Compaor\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019UPC, l\u2019un des principaux partis d\u2019opposition avant l\u2019insurrection, il reste dans sa position de parti d\u2019opposition. Sous le r\u00e9gime d\u00e9funt, ce parti avait gard\u00e9 son ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du CDP dont il \u00e9tait le principal concurrent. Aujourd\u2019hui, il maintient sa posture de parti d\u2019opposition ind\u00e9pendant face au pouvoir en place. Au fond, du point de vue de la configuration de la classe politique, le changement le plus saillant, c\u2019est le basculement du CDP dans l\u2019opposition.<\/p>\n<p><strong>Le difficile chantier de la lutte contre les injustices sociales et l\u2019impunit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La lutte contre les injustices sociales et l\u2019impunit\u00e9 est l\u2019un des chantiers les plus sensibles sur lesquels les Burkinab\u00e8 attendent le nouveau pr\u00e9sident. En mati\u00e8re de justice, \u00e0 l\u2019issue des r\u00e9formes op\u00e9r\u00e9es par la transition en 2015, le pouvoir ex\u00e9cutif officiellement d\u00e9connect\u00e9 de la justice. En effet, le pr\u00e9sident du Faso ne pr\u00e9side plus le Conseil sup\u00e9rieur de la magistrature (CSM). Par contre, la justice militaire n\u2019est pas encore ind\u00e9pendante du ministre de la d\u00e9fense. La posture du nouveau pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9, d\u00e8s son installation au pouvoir, d\u2019affirmer sa volont\u00e9 de respecter la s\u00e9paration des pouvoirs. Ce qui signifie qu\u2019il n\u2019est pas redevable sur les questions judiciaires.<\/p>\n<p>Les dossiers de crimes de sang et de crimes \u00e9conomiques sont entre les mains de la justice et suivent leur cours. Pour les crimes de sang, il s\u2019agit des ceux commis par l\u2019arm\u00e9e pendant l\u2019insurrection les 30 et 31 octobre 2014 et pendant le putsch manqu\u00e9 de septembre 2015. II s\u2019agit \u00e9galement d\u2019autres crimes tels que l\u2019assassinat du pr\u00e9sident Thomas Sankara en 1987, de l\u2019\u00e9tudiant Dabo Boukary en 1990 et du journaliste Norbert Zongo en 1998. Quant aux crimes \u00e9conomiques, ils concernent les actes de corruption commis pendant le r\u00e9gime Compaor\u00e9. Le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019interf\u00e9rence dans les affaires judiciaires dans le cas du mandat d\u2019arr\u00eat lanc\u00e9 par la justice militaire contre Guillaume Soro, pr\u00e9sident du parlement ivoirien.<\/p>\n<p>Guillaume Soro est en effet accus\u00e9 de complicit\u00e9 dans le putsch manqu\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Diend\u00e9r\u00e9 en septembre 2015. Sur demande du gouvernement, la Cour de cassation avait annul\u00e9 en avril ce mandat d\u2019arr\u00eat\u00a0; et le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 a limog\u00e9 le commissaire du gouvernement pr\u00e8s le tribunal militaire en mai.<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]<\/a> En outre, les propos tenus par le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 sur l\u2019ind\u00e9pendance des juges ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s alarmants par la soci\u00e9t\u00e9 civile. Il avait affirm\u00e9 publiquement que \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.sidwaya.bf\/m-11703--les-echanges-operes-au-niveau-de-la-justice-posent-de-reels-problemes-.html\">si vous avez un Etat dans lequel la justice est son propre patron, cela peut cr\u00e9er beaucoup de probl\u00e8mes\u00a0<\/a>\u00bb. \u00a0Cette d\u00e9claration a en effet suscit\u00e9 la vive r\u00e9probation du <em>Balai citoyen<\/em>.<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re ann\u00e9e de mandat du pr\u00e9sident Kabor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement \u00e9maill\u00e9e par la gr\u00e8ve des magistrats qui ont exig\u00e9 l\u2019op\u00e9rationnalisation des r\u00e9formes adopt\u00e9es sous la transition. Le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 a pris en compte leurs revendications, y compris l\u2019am\u00e9lioration de leurs conditions salariales. Le d\u00e9nouement de cette crise n\u2019a cependant pas r\u00e9gl\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9finitive la crise de confiance entre les deux pouvoirs.<\/p>\n<p>Face aux injustices sociales, le nouveau pouvoir a pris de nombreuses mesures. On peut souligner, dans le secteur de l\u2019\u00e9ducation, le recrutement pour une ann\u00e9e renouvelable de 4\u00a0200 jeunes dipl\u00f4m\u00e9s sans emploi \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/lefaso.net\/spip.php?article72381\">pour combler les d\u00e9ficits en personnels enseignants aux niveaux du primaire, du post-primaire et du secondaire\u00a0<\/a>\u00bb. Le co\u00fbt du programme pour 2016 est CFA 2,823,160,000 (US$ 4.5 million). Le minist\u00e8re de la jeunesse a \u00e9galement lanc\u00e9 plusieurs programmes dans le cadre de l\u2019insertion professionnelle et de la formation des jeunes. Il en est de m\u00eame du minist\u00e8re de l\u2019action sociale et de la solidarit\u00e9 nationale qui a initi\u00e9 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un registre unique des personnes vuln\u00e9rables. En mati\u00e8re de sant\u00e9, le nouveau pouvoir a lanc\u00e9 l\u2019op\u00e9ration portant gratuit\u00e9 des soins pour les enfants de 0 \u00e0 5 ans et les femmes enceintes dans les centres de sant\u00e9 publics. La r\u00e9cente gr\u00e8ve des agents de sant\u00e9 attire cependant l\u2019attention sur les probl\u00e8mes graves qui minent ce secteur sensible.<\/p>\n<p>Le parlement burkinab\u00e8 s\u2019est aussi int\u00e9ress\u00e9 aux questions sociales. Il a r\u00e9alis\u00e9 deux enqu\u00eates parlementaires, l\u2019une sur la d\u00e9livrance des permis miniers et l\u2019autre sur la gestion fonci\u00e8re. Cette derni\u00e8re question est tr\u00e8s sensible au sein des populations notamment les plus vuln\u00e9rables. Depuis des ann\u00e9es en effet, l\u2019acc\u00e8s au foncier urbain fait l\u2019objet de gestion opaque de la part des autorit\u00e9s nationales et locales. Les populations pauvres arrivent difficilement \u00e0 acc\u00e9der <a href=\"http:\/\/www.assembleenationale.bf\/Enquete-parlementaire-sur-le-foncier-urbain-105-408-parcelles-a-retirer-plus-de\">aux parcelles dans les centres urbains<\/a>. Les actes de corruption et l\u2019abus ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s par le rapport d\u2019enqu\u00eate parlementaire. Le parlement a recommand\u00e9 que toutes les parcelles ill\u00e9galement attribu\u00e9es soient retir\u00e9es et r\u00e9attribu\u00e9es. Le minist\u00e8re de l\u2019habitat et de l\u2019urbanisme a par la suite lanc\u00e9 une vaste op\u00e9ration d\u2019attribution de parcelles par tirage au sort.<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[8]<\/a> A Ouagadougou, sur un total de 37\u00a0367 demandes enregistr\u00e9es, ce sont 421 personnes qui ont \u00e9t\u00e9 retenues le 15 novembre 2016.<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]<\/a><\/p>\n<p>Il est ainsi clair que la r\u00e9duction des injustices sociales a \u00e9t\u00e9 un des chantiers majeurs pour cette premi\u00e8re ann\u00e9e de pr\u00e9sidence Kabor\u00e9. Cette politique sociale ne peut porter ses fruits qu\u2019\u00e0 condition qu\u2019elle s\u2019attaque aux probl\u00e8mes structurels, ce qui d\u00e9pendra largement de sa capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser les ressources et \u00e0 redynamiser l\u2019\u00e9conomie nationale.<\/p>\n<p><strong>Le pouvoir de la rue\u00a0: vers un effritement\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les jeunes burkinab\u00e8 ont d\u00e9velopp\u00e9 des strat\u00e9gies de r\u00e9sistance face aux abus de l\u2019Etat. C\u2019est ainsi qu\u2019ont \u00e9merg\u00e9 des mouvements citoyens. L\u2019un des plus actifs, le <em>Balai citoyen,<\/em> s\u2019est positionn\u00e9 comme un contre-pouvoir influent. Ces mouvements ont pris une part active dans l\u2019insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, aux c\u00f4t\u00e9s des partis politiques.<\/p>\n<p>La plupart d\u2019entre eux a particip\u00e9, \u00e0 travers leurs leaders, \u00e0 la gestion des institutions de la transition, notamment le Conseil national de la transition (CNT), le gouvernement et la Commission de la r\u00e9conciliation nationale et des r\u00e9formes (CRNR). C\u2019est le cas d\u2019Herv\u00e9 Ouattara du Comit\u00e9 anti-r\u00e9f\u00e9rendum (CAR) qui pr\u00e9sid\u00e9 le groupe parlementaire \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0\u00bb au CNT et de Ma\u00eetre Herv\u00e9 Kam du <em>Balai citoyen<\/em> qui a pr\u00e9sid\u00e9 la sous-commission en charge de la r\u00e9forme constitutionnelle de la CRNR.<\/p>\n<p>A l\u2019issue de l\u2019insurrection, ces mouvements, malgr\u00e9 leur grande diversit\u00e9, se sont coalis\u00e9s autour d\u2019une plateforme commune et d\u00e9sign\u00e9 le Pr Luc Marius Ibriga, du Front de r\u00e9sistance citoyenne (FRC) comme porte-parole. Apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement du nouveau pouvoir, la tendance \u00e0 la dynamique unitaire au sein de la coalition des insurg\u00e9s semble s\u2019effriter progressivement. Le nouveau parti au pouvoir a engag\u00e9 une campagne de d\u00e9nigrement des acteurs de la transition. L\u2019objectif est d\u2019affaiblir la soci\u00e9t\u00e9 civile et les anciens leaders de la transition afin de briser tout contrepoids au MPP. Cette campagne a cibl\u00e9 non seulement l\u2019ancien premier ministre Yacouba Isaak Zida, soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir des ambitions politiques, mais aussi des leaders de la soci\u00e9t\u00e9 civile tels qu\u2019Herv\u00e9 Ouattara, Ma\u00eetre Guy Herv\u00e9 Kam et Marcel Tankoano.<\/p>\n<p>Comment expliquer ce conflit entre \u00ab\u00a0insurg\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0? L\u2019explication semble r\u00e9sider dans la dislocation du \u00ab\u00a0mouvement insurg\u00e9\u00a0\u00bb dans son ensemble. En effet, au plan politique, les partis membres du CFOP avant l\u2019insurrection se retrouvent aujourd\u2019hui dans des camps oppos\u00e9s. En l\u2019absence de Blaise Compaor\u00e9, \u00ab\u00a0l\u2019ennemi\u00a0\u00bb commun, les acteurs de l\u2019insurrection, travers\u00e9s par des divergences diverses, ne constituent plus un bloc politique. Les \u00a0deux partis politiques les plus repr\u00e9sentatifs du pays, le MPP et l\u2019UPC sont en effet respectivement au pouvoir et dans l\u2019opposition. Or, au niveau politique, ces deux partis constituaient la principale force contre le r\u00e9gime de Blaise Compaor\u00e9.<\/p>\n<p>Ceci n\u2019est pas sans effet sur la soci\u00e9t\u00e9 civile, travers\u00e9e par la m\u00eame logique de dislocation, parce que les associations tacitement affili\u00e9es au MPP soutiennent d\u00e9sormais le pouvoir. La logique unitaire qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e pendant la transition s\u2019est ainsi disloqu\u00e9e.<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]<\/a> C\u2019est ce qui explique la naissance d\u2019une nouvelle coalition d\u00e9nomm\u00e9e <em>Ditany\u00e9<\/em> cr\u00e9\u00e9e par des mouvements \u00e9chappant \u00e0 l\u2019influence du MPP et d\u00e9sireux de pr\u00e9server leur statut de \u00ab\u00a0sentinelle\u00a0\u00bb de la d\u00e9mocratie.<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]<\/a><\/p>\n<p>En clair, le contexte sociopolitique burkinab\u00e8, apr\u00e8s une ann\u00e9e de pouvoir du r\u00e9gime Kabor\u00e9, est caract\u00e9ris\u00e9 par un essoufflement du \u00ab\u00a0pouvoir de la rue\u00a0\u00bb, qui r\u00e9sulte principalement du choix des \u00ab\u00a0insurg\u00e9s\u00a0\u00bb d\u2019aller aux \u00e9lections en rangs dispers\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire de briser le bloc qui a fait chuter Blaise Compaor\u00e9.<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]<\/a><\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une ann\u00e9e de pr\u00e9sidence, Roch Marc Christian Kabor\u00e9 a pr\u00e9serv\u00e9 la stabilit\u00e9 du Burkina Faso. Il a ouvert de nombreux chantiers de r\u00e9formes inspir\u00e9es de son programme politique. L\u2019enclenchement de la r\u00e9forme constitutionnelle en vue du passage \u00e0 une nouvelle R\u00e9publique reste au plan politique le principal chantier inaugur\u00e9. Si la vie politique est relativement stable, la fracture politique n\u00e9e de l\u2019insurrection demeure b\u00e9ante. L\u2019opposition et la soci\u00e9t\u00e9 civile, bien que dynamiques, restent travers\u00e9es par des divergences internes qui affaiblissent leur capacit\u00e9 d\u2019influence.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi politique le plus important pour les quatre prochaines ann\u00e9es est celui de la justice et de la r\u00e9conciliation nationale. Plusieurs dignitaires du r\u00e9gime d\u00e9funt, civils et militaires, sont poursuivis par la justice. Certains sont fuite hors du pays, tandis que d\u2019autres sont en d\u00e9tention pr\u00e9ventive ou en libert\u00e9 provisoire. Seul Blaise Compaor\u00e9, toujours en exil en C\u00f4te d\u2019Ivoire, b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une amnistie accord\u00e9e aux anciens chefs d\u2019Etat adopt\u00e9e en 2012.<\/p>\n<p>Au plan \u00e9conomique, c\u2019est l\u2019adoption d\u2019un nouveau r\u00e9f\u00e9rentiel de d\u00e9veloppement, le <a href=\"http:\/\/presimetre.bf\/document\/PNDES.pdf\">Plan de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social<\/a>, qui a caract\u00e9ris\u00e9 cette premi\u00e8re ann\u00e9e du quinquennat. Le d\u00e9fi majeur \u00e0 ce niveau reste la mobilisation des ressources pour financer ce programme qui est cens\u00e9 sortir le pays de la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Evidemment, la capacit\u00e9 du nouveau pouvoir \u00e0 r\u00e9ussir sa nouvelle politique \u00e9conomique est tributaire de la situation sociopolitique. Les tentatives pr\u00e9sum\u00e9es de d\u00e9stabilisation du r\u00e9gime, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans les zones frontali\u00e8res avec le Mali, les remous sociaux dans le secteur public, le jugement imminent de certains dossiers de crimes sont autant des facteurs susceptibles de perturber la stabilit\u00e9 sociopolitique du Burkina Faso \u00e0 l\u2019or\u00e9e de l\u2019ann\u00e9e 2017.<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p>Et c\u2019est de la mani\u00e8re dont ces d\u00e9fis seront trait\u00e9s par le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 que d\u00e9pendra sa capacit\u00e9 \u00e0 ouvrir de nouvelles perspectives pour le pays des hommes int\u00e8gres.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Dr Abdoul Karim Saidou est enseignant et chercheur \u00e1 <\/em><\/strong><a href=\"http:\/\/www.univ-ouaga2.bf\/\"><strong><em>l\u2019Universit\u00e9 Ouaga 2<\/em><\/strong><\/a><strong><em>, membre du <\/em><\/strong><a href=\"http:\/\/www.cgd-igd.org\/\"><strong><em>Centre pour la Gouvernance D\u00e9mocratique<\/em><\/strong><\/a><strong><em> (CGD) et membre de la <\/em><\/strong><a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/afrique\/20160929-burkina-faso-kabore-commission-chargee-rediger-nouvelle-constitution-installee\"><strong><em>Commission constitutionnelle<\/em><\/strong><\/a><strong><em> charg\u00e9e de r\u00e9diger la nouvelle constitution du Burkina Faso.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Featured image: https:\/\/securityconference.org\/mediathek\/asset\/roch-marc-christian-kabore-1505-17-02-2018\/ (Creative Commons)<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> Ce dernier s\u2019est retir\u00e9 depuis quelques mois de la politique et rejoint l\u2019arm\u00e9e. Quant \u00e0 Djibril Bassol\u00e9, il est en d\u00e9tention dans le cadre du putsch manqu\u00e9 de septembre 2015<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> C\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi l\u2019opposition est divis\u00e9e autour de deux grands blocs\u00a0: la CODER cr\u00e9\u00e9e le 16 octobre 2016 et regroupant l\u2019ancienne coalition dirigeante et la Coalition des forces d\u00e9mocratiques pour un vrai changement (CFDC) cr\u00e9\u00e9e le 7 septembre 2016, regroupant d\u2019anciens partis d\u2019opposition. On peut faire la m\u00eame analyse d\u2019ailleurs s\u2019agissant de l\u2019ancienne entre le MPP et certains d\u2019opposition tels que le PAREN et l\u2019UNIR\/PS.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> A titre illustratif, le 24 juin 2016, le chef de file de l\u2019opposition Ziph\u00e9rin Diabr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00each\u00e9 par l\u2019opposition pour rencontrer le pr\u00e9sident du Faso \u00e0 propos du d\u00e9cret portant cr\u00e9ation de la Commission constitutionnelle. L\u2019opposition a exig\u00e9 que le consensus soit retenu comme mode de d\u00e9lib\u00e9ration en lieu et place du vote \u00e0 la majorit\u00e9. A la suite de cette rencontre, le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 a modifi\u00e9 le d\u00e9cret portant cr\u00e9ation de ladite commission pour prendre en compte la demande de l\u2019opposition.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[4]<\/a> Ceci est la cons\u00e9quence de la loi sur l\u2019opposition politique qui oblige les partis d\u2019opposition \u00e0 se d\u00e9clarer officiellement aupr\u00e8s du Chef de file de l\u2019opposition. Ce dernier est le porte-parole officiel.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[5]<\/a> Roch Kabor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 ministre, premier ministre et pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Jusqu\u2019en 2012, il \u00e9tait pr\u00e9sident du CDP. Salif Diallo a \u00e9t\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es ministre et conseiller de Blaise Compaor\u00e9\u00a0; il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 le principal strat\u00e8ge politique du CDP. Quant \u00e0 Simon Compaor\u00e9, il fut secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint du CDP\u00a0et\u00a0 maire de la capitale Ouagadougou pendant une quinzaine d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[6]<\/a> Des \u00e9coutes t\u00e9l\u00e9phoniques entre Djjibril Bassol\u00e9 et Guillaume Soro ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es et sont en train d\u2019\u00eatre examin\u00e9es par la justice militaire. Cette conversation pr\u00e9sum\u00e9e laisse penser que Soro a apport\u00e9 un appui militaire et logistique aux putschistes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> Voir sa d\u00e9claration lors de la conf\u00e9rence du\u00a0 9 avril 2016<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[8]<\/a> Cette op\u00e9ration lanc\u00e9 en d\u00e9but novembre est mise en \u0153uvre par la soci\u00e9t\u00e9 nationale d\u2019am\u00e9nagement des terrains urbains (SONATUR)<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[9]<\/a> Au total, ce sont 1110 parcelles qui vont \u00eatre vendues\u00a0 dans les villes suivantes\u00a0: Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, D\u00e9dougou\u00a0 et Ouahigouya.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[10]<\/a> Le Centre pour la gouvernance d\u00e9mocratique (CGD) et la Coalition <em>Ditany\u00e9<\/em> ont organis\u00e9 une conf\u00e9rence le 12 novembre 2016 sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Que reste-t-il de l\u2019esprit de l\u2019insurrection\u00a0?\u00a0\u00bb. Ce th\u00e8me est en r\u00e9v\u00e9lateur de la dynamique d\u2019effritement du mouvement insurg\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[11]<\/a> Elle est compos\u00e9e des organisations suivantes\u00a0: Le Balai Citoyen\u00a0; le Cadre Deux heures Pour Nous, Deux Heures Pour l\u2019Afrique\u00a0; la G\u00e9n\u00e9ration Cheikh Anta Diop\u00a0; la G\u00e9n\u00e9ration Joseph Ki Zerbo\u00a0; la Ligue des Panafricanistes\u00a0; le Mouvement Des Sans Voix Burkina\u00a0; le Rep\u00e8re<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[12]<\/a> Un d\u00e9bat a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 apr\u00e8s la victoire du MPP sur l\u2019opportunit\u00e9 de former un gouvernement des insurg\u00e9s qui aurait conduit l\u2019UPC \u00e0 s\u2019allier au MPP. Mais seuls quelques partis de taille moyenne (UNIR\/PS, PAREN, etc.) ont rejoint le pouvoir, l\u2019UPC \u00e9tant rest\u00e9e dans l\u2019opposition.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[13]<\/a> Il s\u2019agit notamment des dossiers de l\u2019insurrection populaire, du putsch manqu\u00e9 et de l\u2019assassinat de l\u2019ancien pr\u00e9sident Thomas Sankara.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Abdul Karim Saidou considere que retenir en termes de bilan apr\u00e8s une ann\u00e9e de pr\u00e9sidence Kabor\u00e9 en Burkina Faso   <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":12998,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[64,2645,2107,2092,1049,2096,2095,2640,2108,1048,518,2646,2644,2649,2639,2643,2642,2101,2641,2648,2647,2523],"class_list":["post-11059","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog","tag-africa","tag-balai-citoyen","tag-blaise-compaore","tag-burkina","tag-burkina-faso","tag-burkinabe","tag-cdp","tag-classe-politique","tag-compaore","tag-cote-divoire","tag-governance","tag-hommes-integres","tag-injustices","tag-insurrection-populaire","tag-kabore","tag-mpp","tag-opposition","tag-ouagadougou","tag-politique","tag-salif-diallo","tag-sankara","tag-upc"],"aioseo_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.9 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Le Burkina post-transition: quel bilan pour la premi\u00e8re ann\u00e9e du gouvernement Kabor\u00e9 ? 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